Micro-trottoir de Fatsabbats à Bruxelles, Molenbeek et Liège

Plus de 30 personnes racisées ont participé au micro-trottoir de Fatsabbats à Bruxelles, Molenbeek et Liège, engendrant des discussions approfondies sur le sujet. 

Bien que peu se soient déclarées victimes sur Internet, beaucoup étaient témoins de comportements racistes en ligne. Certains signalent ces incidents, d’autres les nient et certain·es sont indigné·es.

Certain·es ont mentionné éviter de publier fréquemment sur les réseaux sociaux pour éviter d’être confronté·es à la haine en ligne. De nombreux·ses participant·es estimaient que les plateformes numériques, comme les réseaux sociaux, n’agissent pas efficacement pour contrer le cyber racisme et proposent des solutions pour y remédier.

Répondre était perçu comme une forme de riposte, mais beaucoup acceptaient que le racisme en ligne soit une réalité inévitable, tout comme le racisme ordinaire. Nier était une stratégie d’auto-défense pour éviter la souffrance émotionnelle. 

Bien que peu aient exprimé de l’espoir, iels nous ont remerciés d’avoir mené cette étude, soulignant l’importance de sensibiliser à ce phénomène qui affecte gravement de nombreuses personnes. 

Nous avons également eu l’occasion d’interroger des personnes en visite venant du Danemark et d’Allemagne, qui ont partagé des perspectives intéressantes sur les mécanismes de plainte spécifiques à leur pays. Parmi nos interlocuteur·ices figuraient des parents, des étudiant·es, et certain·es ont également exprimé l’envie de discuter du racisme ordinaire montrant ainsi que les attitudes était indissociables : montrer de la haine envers des personnes qui ne leur ressemblent pas. 

Il est crucial de reconsidérer nos réactions face au racisme en ligne, de reconnaître son impact et de parler ouvertement de ces problèmes, notamment ceux vécus par les jeunes, que ce soit en Wallonie-Bruxelles, en France ou ailleurs. Dans notre étude, nous avons également abordé le cas de personnalités publiques telles que Queen Nikkolah et Aya Nakamura, qui sont confrontées au racisme en ligne, ainsi que des exemples de publicités racistes et de controverses autour de Zwarte Piet.

Voici quelques témoignages de personnes interrogées à ce sujet :

Il ne suffit pas de dire que l’on n’est pas raciste, il faut aussi être contre. Lorsque que l’on  est contre, on ne partage pas certaines images. Le fait de liker, c’est comme si on contribuait à faire continuer ce type de pensée. Au niveau de la société, tout le monde devrait dénoncer et ne pas approuver ce type de comportement en ligne.” 37 ans 

Bloquer des personnes ne signifie pas que cela va s’arrêter. Plus vous en bloquez, plus d’autres viennent, cela ne va vraiment rien changer.” 24 ans (interviewé en anglais) 

En Amérique, ça ne se fait pas, et je trouve que ça ne devrait pas se faire ici non plus. Leur explication c’est qu’il devient noir parce qu’il se salit. Les cheveux et les lèvres rouges, ça vient d’où? Nous, on voit beaucoup ça parce qu’on est de Flandre.” (en référence à Zwarte Piet) 20 ans 

“La moitié des personnes en ligne ont un sentiment de sécurité derrière l’écran et souvent ils ne le feraient pas en vrai” 19 ans 

Tout ce qui est haineux, bête, des commérages, c’est plus de vues, plus d’utilisateurs, plus d’euros.” 19 ans

Les enfants de ces personnes écoutent du Aya Nakamura dans leur chambre. Qu’elle continue sa musique. Elle ne doit rien à personne.”  22 ans 

Si je vois quelque chose, je vais en parler avec ma famille et mes amis.” 25 ans  (interviewé en anglais) 

Les personnes concernées préfèrent subir parce qu’il n’y a pas de bon système en place. Est-ce que si l’on appelle, on reçoit l’assistance nécessaire ? C’est bien de mettre en place des dispositifs, mais est-ce qu’ils aident vraiment les gens ? Est-ce qu’ils sont là pour ceux qui en ont vraiment besoin ? On en parle dans les médias, mais au fond, il n’y a rien de concret.” 34 ans